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Et pourtant, elle finit par
comprendre qu'il n'y avait plus d'espoir de vivre pour elle. Elle écrit:
"... les docteurs disaient qu'il n'y avait plus rien à faire. Toutefois
ils firent tout ce qu'ils purent pour m'aider. Sans résultat. Je me suis alors
résignée à la mort."
Julia avait d'abord essayé certains "moyens liés à la
superstition". Elle y renonça vite car elle comprit que ce n'était pas la
voie à suivre. Elle fréquenta aussi quelque temps les protestants, ce qui ne la
satisfit pas davantage. C'est alors qu'avec son mari et ses enfants, elle
commença à suivre les cours de catéchisme
Plus loin elle écrit encore: J'avais même préparé du
cyanure de postassium et un testament pour la personne qui deviendrait éventuellement
la seconde épouse de mon mari. C'est alors que le Bon Dieu m'a appelée à
l'Eglise par l'intermédiaire de mon mari.
Sur le conseil d'une relation, elle avait auparavant
consulté un prêtre coréen, réputé excellent.
Julia lui dit: "S'il existe un Dieu, il est trop
cruel envers moi. Qu'ai-je fait pour devoir boire cette coupe d'amertume?"
(Par "coupe d'amertume", je voulais dire la mort, mais les gens
l'avaient prise pour la coupe de la souffrance.)
Le Père me dit: "Ne savez-vous pas que la souffrance
est une grande grâce? Vous avez reçu cette grâce avec votre corps qui est
malade. Moi-même, je n'ai pas bénéficié d'une telle grâce. Croyez-moi."
"Cette parole était celle du Saint-Esprit, par la
bouche du Père. A l'instant même, je sentis mon corps glacé devenir chaud et je
transpirai abondamment."
Julia continue: Trois jours après ma rencontre avec le prêtre,
j'entendis une voix qui me dit: "Approche-toi de la Bible; les paroles de la Bible sont vraiment mes
paroles vivantes." Il était trois heures du matin. J’ouvris la Bible au hasard et je tombai
sur le récit de la femme atteinte d'une perte de sang.
Elle avait été guérie grâce é sa très grande foi; elle se
disait: "Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie."
Et Jésus lui avait dit: "Ma fille, ta foi t'a sauvée; va en
paix."
J'ai cru ces paroles de Jésus car je pensais qu'elles m'étaient
adressées à moi aussi. Et, de fait, selon ces paroles, j'ai été complètement
guérie alors que j'étais catéchumène.
Pour me donner sa lumière, Dieu m'a appelée à Son service
juste avant l'arrêt définitif de mes fonctions vitales et m'a rendu la santé. Mon
mari en était très heureux et il pensait que sa femme était ressuscitée de la
mort. C'est pour cette raison qu'il m'emmena deux fois en voyage, me disant que
c'était un nouveau voyage de noces. Nous avons pu ouvrir un salon de coiffure,
alors que nous n'avions même pas de quoi louer une chambre.
C'est le Seigneur qui nous avait visités en répandant sur
nous bien plus que nous ne pouvions l'espérer...
J'ai toujours été du côté des faibles. On avait appelé
notre maison le logis des mendiants et des marchands ambulants. Je leur donnais
parfois à manger même s'il me fallait me priver de nourriture... Les gens
m'appelaient ange ou fée. Je pense que le Bon Dieu m'a sauvée car Il savait que
ma vie était tournée vers le bien...
Et c'est ainsi que Dieu a établi des contacts entre Lui et moi. Je lui avais demandé de me faire croître spirituellement et voilà qu'à trois heures du matin s'engagea un dialogue entre Dieu et moi.
Je ne cessais de dire: "Seigneur, pardonnez la
pécheresse que je suis"... J'entendis alors une voix venant du Ciel.
C'était la même voix que j'avais entendue trois jours
auparavant. A trois reprises, la voix répéta: "Voici la porte du Ciel
ouverte". Et lorsque moi, petite âme, je répondis deux fois:
"Seigneur, ouvrez davantage mon coeur", tout à coup, le Ciel commença
à s'ouvrir. Le voile noir se dissipa et la lumière apparut.
En avril 1982, j'ai offert à nouveau mes souffrances au
Seigneur. Je lui dis: "Seigneur, même si les maladies font souffrir mon
corps si vil, je serais tellement heureuse si elles pouvaient servir, ne fût-ce
qu'un tout petit peu, à vos desseins." C'est à partir de ce moment-là que,
peu à peu, les souffrances commencèrent à m'assaillir et que Jésus me fit voir,
de plusieurs manières, son Coeur ouvert.
Une autre fois, alors que je me trouvais à la maison de
retraite des Soeurs de la
Petite Fleur Jésus m'apparut à trois heures du matin, Sa
poitrine ouverte sur Son Coeur déchiré en morceaux qui saignait. J'ai crié:
"Seigneur, que dois-je faire pour Votre Coeur déchiré?" Le Seigneur
me répondit: "Chaque fois que les pécheurs commettent le péché, Mon Coeur
se déchire d'un morceau. Au moins vous qui me connaissez, ne devriez-vous pas
réparer mon Coeur si déchiré?"
- "Oui, Seigneur, je réparerai Votre Coeur."
Par la suite, j'ai été hospitalisée à diverses
reprises... Chaque fois, Jésus me fit la grâce de ne pas souffrir d'une manière
uniquement humaine. Je méditais toujours sur les Sept Douleurs de la Vierge.
Mais, en mai 1985, je dus à nouveau me préparer à la
mort.
Et alors que je passais d'un hôpital à l'autre, j'offrais
toujours mes souffrances pour la conversion des pécheurs. Je me levais à cinq
heures du matin pour méditer sur les Cinq Plaies de Jésus et les Sept Douleurs
de la Vierge,
et cela jusqu'à sept heures.
Ainsi ma vie de prières se poursuivait-elle même dans les
hôpitaux. J’allumais aussi deux cierges pour supplier le Seigneur de daigner
éclairer les pécheurs. En quittant l'hôpital pour la dernière fois, je devais
me servir d'un appareil respiratoire qui opprimait ma poitrine et me rendait la
respiration pénible. A mon entrée à l'hôpital, j'arrivais encore à manger du
riz, mais à ma sortie, je ne parvenais même pas à avaler de la bouillie de
millet claire.
Et pourtant, j'ai alors offert davantage de prières et de
sacrifices au cours de mes souffrances.
Je devais remercier le Bon Dieu, même s'il me rappelait à
Lui. Mes enfants avaient grandi, nous avions fait des économies... De quoi
pouvais-je avoir peur en suivant la volonté de Dieu? Pour m'offrir en sacrifice
et en esprit de pénitence, je disais: "Dans la vie comme dans la mort,
j'appartiens au Seigneur."
Le 29 juin 1985, je suis allée en autobus avec des
chrétiennes de la paroisse, au village "Kkot Tongnai" (Village des
Fleurs). Dans ce village, un prêtre coréen accueille les mendiants sans logis
ou malades, des handicapés abandonnés, les plus grands marginaux. Tout est
gratuit.
En 1987, ce prêtre avait déjà recueilli plus de 900
personnes. Beaucoup de gens, chrétiens ou non, s'y rendent ou aident cette
oeuvre.
Julia m (P.Spies)'expliqua de vive voix que, au village
des Fleurs, ses compagnes de voyage et elle-même avaient été très émues et
impressionnées en voyant tant de misère. Lors de la visite des chambres des
malades, Julia essayait d'aider comme elle le pouvait, voyant Jésus en chacun
d'eux.
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