Semchigo 💗 Épisodes de la Vie de Julia

25. Jésus rend possible des choses impossibles

25. Jésus rend possible des choses impossibles

Le 14 mai 1984, alors que la Petite Âme avait une activité dans la Légion de Marie, elle croisa un vieil homme qui lui demanda: «Je vous prie de puiser de l’eau pour moi, s’il vous plaît.» Elle puisa de l’eau pour cet homme, puis se rendit chez lui. Elle constata que sa cour était très sale, des asticots grouillaient et une odeur d’urine empestait tout. La Petite Âme nettoya le pétrin en disant «Semchigo», faisant comme si elle était en train de nettoyer l’intérieur de la maison, et elle essaya aussi de déboucher les canalisations. Cela dura un bon bout de temps.

Il lui dit: «Cela ne servira à rien parce que le voisin qui habite derrière ma maison a bloqué les canalisations avec du ciment.» Comme il n’avait pas de salle de bains, pendant la journée, il déver- sait l’urine dans la sortie d’eau bouchée et pendant la nuit, dans un pot de chambre. Quand il devait vider ses entrailles, il utilisait un seau rempli de morceaux de briquettes usagées. Cela attirait les asticots qui rampaient partout.

Les larmes aux yeux, il me dit: «Mes yeux sont ouverts mais je suis aveugle. J’ai déjà 84 ans et je ne vois rien. Je suis misérable. Je vis ainsi parce que je ne peux pas mourir. Mon souhait est de mourir bientôt.» La Petite Âme et sa famille, après avoir appris la cécité de l’homme, prirent soin de lui.

De temps en temps, la Petite Âme lui donnait un bain. Elle l’em- menait à l’église. Il fut baptisé le 29 juillet 1986. «André» fut son prénom de baptême. Le lendemain, la Petite Âme, accompagnée de Rufino, lui rendit visite. Ils examinèrent sa chambre et, jetant un coup d’œil dans son pot à riz, ils furent consternés de ce qu’ils virent. Le riz semblait avoir été tassé, il était couvert d’empreintes de souris qui entraient et sortaient régulièrement du pot. Le pot était noirci et il on y voyait même des crottes de souris. Cela voulait dire que le vieil homme avait mangé le riz avec les crottes de souris. La Petite Âme courut dans la chambre de l’homme qu’elle étreignit. Elle commença à pleurer en disant: «Dorénavant, je deviendrai vraiment votre fille, père!»
 
Comment quelqu’un qui n’a jamais mangé son pain trempé de larmes peut-il en connaître le goût? La Petite Âme qui, toute sa vie, avait été l’amie des mendiants et des pauvres, supplia Dieu à haute voix: «Mon Dieu, je ferai n’importe quoi. Je Vous en prie, permettez-lui de voir la lumière!»

Alors Rufino dit: «J’ai lu beaucoup de livres et je connais l’amour intellectuellement mais en fait, je ne l’ai pas mis en pratique. Alors que vous, Julia, vous pratiquez l’amour dans votre vie. Maintenant je suis en train d’ap- prendre que le véritable amour de Dieu est vraiment celui-là.»

La Petite Âme vendit son salon de coiffure pour se consacrer entièrement à l’œuvre de la Vierge Marie et pour aider le vieil homme aveugle afin qu’il puisse être opéré des yeux. Le 12 août, elle emménagea au numéro 302, dans un appartement de Su-gang. Sa priorité fut de placer soigneusement la statue de la Vierge Marie qui versait des larmes au meil- leur endroit. Ensuite, elle conduisit André au centre de soins ophtalmologiques le plus connu de Gwangju.

Le docteur lui dit: «Son nerf optique a été endommagé, donc je ne peux rien faire pour lui.» Mais, la Petite Âme le supplia: «Docteur! Même s’il ne recouvre pas la vue après l’opération, ce n’est pas grave. Il suffit seulement de l’opérer.» – «Madame, réalisez-vous que vous me demandez de faire une opération qui n’a même pas 0,1 % de chance de réussir? Si vous me deman- dez quelque chose d’impossible à cent pour cent, cela sera très ennuyeux pour vous, et pour moi aussi. Ramenez-le à la mai- son.»

«Je vous en prie, ayez confiance en Dieu et transformez ce qui est impossible en quelque chose de possible, opérez-le. Si l’opération échoue, ce n’est pas grave. Je prierai pendant l’opération.» – «Madame, je suis vraiment désolé. Même s’il était jeune, ce serait tout simplement impossible mais ça l’est encore davantage puisqu’il est âgé de 86 ans!» – «Docteur, cet homme n’est ni un parent ni un bienfaiteur. Tout ce que je souhaite, c’est qu’il voit la lumière, ne serait-ce qu’une seule journée. Tant que je vivrai, si vous exaucez mon vœu, je n’oublierai jamais votre bonté, je vous en prie!»
 
La Petite Âme se jeta à ses pieds. Le docteur répliqua: «Ah, alors je vais l’opérer comme vous me le demandez sincèrement. Mais je peux vous assurer qu’il n’a même pas 0,1 % de chance de retrouver la vue.» Finalement, il fixa une date de rendez-vous pour l’opération. La Petite Âme pria: «Ô Seigneur, de même que Vous avez fait confiance à Dieu le Père, moi aussi, je Vous fais confiance.»
 
«Oh, Ma petite âme! Je serai dans ton Cœur, toi qui as offert gracieusement un amour sans limites, des réparations et des sacrifices de valeur. Je vais transformer l’impossible en possible.»
 
Quand la Petite Âme informa le prêtre de la paroisse qu’André allait être opéré des yeux, le prêtre lui répondit que c’était une très bonne idée. Mais peu de temps après, il fut d’accord avec la religieuse qui disait: «Au lieu de dépenser de l’argent pour André qui n’a plus longtemps à vivre, il vaudrait mieux utiliser l’argent pour un homme plus jeune.»

La Petite Âme s’approcha de la religieuse et lui dit: «Ma sœur, amenez-moi tous les jeunes hommes aveugles que vous connaissez et je vais les aider aussi pour qu’ils soient opérés. Aussi, je vous prie d’accepter qu’André soit opéré. Je ne le regretterai jamais, même si cela ne doit pas lui permettre de recouvrer la vue.» – «Ah, vous êtes innocente comme un enfant. Oui, j’accepte. Je cède à votre amour. Alors faites ce que vous souhaitez.»

Le 30 août, pendant l’opération d’André, la Petite Âme pria: «Ô mon Seigneur, Vous pouvez faire qu’il voit à nouveau, soit par votre guérison directe, soit par l’intermédiaire de cette pècheresse indigne. Mais je crois que cette fois-ci, Vous avez eu besoin de plus de sacrifices et de réparations.»
 
Au bout de sept jours, on enleva les pansements qui couvraient les yeux du vieil homme. Il s’exclama: «Ah, je peux voir. Je peux voir!» Quand le chirurgien procéda à l’opération de l’autre œil, la Petite Âme fit la même prière en embrassant les yeux de l’homme et en soufflant dessus. Alors qu’il est absolument impossible qu’une personne souffrant de dommages affectant le nerf optique puisse retrouver la vue, le vieil homme vit aussi de son autre œil opéré! Il avait retrouvé la vue!

La Petite Âme offrit un immense merci pour l’amour étonnant du Seigneur et Le loua en tombant à ses pieds: «Seigneur! Vous qui rendez possible ce qui est impossible! Vous avez opéré Vous-même ses yeux par l’intermédiaire des mains du docteur. Merci d’avoir répondu à la prière de cette humble servante sans Vous détourner.» Leur grand désir ayant été exaucé, André et la Petite Âme s’embrassèrent.

«Oui, Ma petite enfant! Parce que tu es toujours unie à Moi, tu peux ressentir un bonheur infini dans la douceur de l’amour que tu donnes à ton prochain, même lorsque tu es exposée à une situation inconfortable.»

Ceux qui étaient hospitalisés dans la même chambre qu’André furent témoins de tout ce qui venait de se passer et lui demandèrent: «Ouah! Vous êtes vraiment une fille de Sim-Cheong. (Sim- Cheong est l’héroïne d’une nouvelle coréenne traditionnelle qui a fait le sacrifice de sa vie pour que son père aveugle puisse retrouver la vue.) Etes-vous sa première ou sa deuxième fille?» – «Je suis sa seule fille.» – «Vous êtes célibataire ou mariée?» – «J’ai quatre enfants.» – «Quoi? Alors, comment se fait-il que vous ayez l’air si jeune? Où trouver une fille mariée qui s’occupe volontiers de son père, nuit et jour, avec une telle dévotion fervente, pour lui permettre de retrouver la vue?! C’est parce que le Ciel a été ému par votre ardente dévotion qu’il a pu retrouver la vue.»

André qui pouvait maintenant voir la Petite Âme, lui dit: «Ah, en entendant le son de votre voix, j’étais sûr que vous étiez une jolie femme mais il ne m’est jamais venu à l’idée que vous étiez si jolie. Maintenant que j’ai vu votre visage, je n’ai pas d’autre désir que de mourir au plus tôt. Etes-vous une fée ou un ange descendu du Ciel?»

La Petite Âme remercia le Seigneur et pleura. Elle pleurait, non pas parce qu’il avait dit qu’elle était comme une fée ou un ange, mais parce qu’elle était tellement reconnaissante envers Dieu: André ne risquerait plus jamais de manger l’horrible riz qu’il avait chez lui, et elle remerciait Dieu qui, par sa grande bénédiction, avait rendu possible ce qui était impossible.

Quand la Petite Âme et André quittèrent l’hôpital au bout de deux semaines et rentrèrent chez eux, beaucoup de personnes âgées vivant à proximité dirent à André: «Bogsen (c’est son surnom), nos félicitations les plus sincères! Vous avez vraiment une bonne fille.» – «Oui, c’est une autre Sim-Cheong que le Ciel m’a envoyé. Comment pourrai-je jamais la remercier? Je serais incapable de lui rendre tout le bien qu’elle me fait, même si je lui fabriquais des chaussures avec tous les cheveux de ma tête.»

Mais quelques paroissiens avaient porté des jugements défavorables sur la Petite Âme, et leurs propos avaient pris des proportions sans précédent. Ils disaient: «Un repas gratuit, cela n’existe pas. Ils préparent certainement quelque chose.»

Mais la Petite Âme acceptait ces paroles désobligeantes, faisant comme si c’était de sa faute, «Semchigo», comme si elle avait entendu une mélodie d’amour et l’avait offerte gracieusement et avec détermination: «Ils sont distraits, alors que j’ai pris la ferme réso lution de ne pas faire savoir à ma main gauche ce que faisait ma main droite. La prochaine fois, j’apporterai petit à petit le bois de chauffage à André, de nuit, pour que personne ne le sache, au moyen d’une char- rette à bras, afin qu’ils ne commettent plus de péchés.»
 
Quand ils eurent fini d’empiler le bois de chauffage, André dit:
«Ah! À présent, je suis devenu un homme riche! Maintenant que je vois, j’ai l’impression d’être au sommet du monde!» Quant à la Petite Âme, elle disait: «Je pense qu’il n’y a pas de plus grande joie que de ressentir le bonheur de mon prochain, même si je dois faire un sacri- fice pour cela.»
 
Le 4 février 1987, André dit à la Petite Âme: «J’ai quelque chose d’important à vous dire.» Elle lui répondit: «Sentez-vous libre de dire tout ce que vous voulez.» Il ajouta: «Vous devez m’accorder cette faveur.» – «Bien sûr, allez-y.» – «Cette maison est tout ce que je pos- sède, Je vous prie de la considérer comme la vôtre. Sinon, après ma mort, les personnes qui vivent derrière chez moi la confisqueront.» Il l’implorait ardemment.

La Petite Âme refusa: «Cette demande est la seule que je ne peux accepter.» Il l’implora de nouveau les yeux pleins de larmes. «Si je meurs, ces voisins seront les seuls à bénéficier de ma maison.» Cependant, Petite Âme ne changea pas de décision. André vécut encore cinq ans et mourut le 8 mars 1990.

À cette époque-là, la Petite Âme s’était cassé l’os d’un orteil du pied droit et sa jambe droite était plâtrée jusqu’au genou. Puis l’ongle de son orteil gauche était tombé. Elle assista tout de même à la Messe des obsèques d’André, se déplaçant grâce à des béquilles, et «Semchigo», faisant comme si elle était en bonne santé. Puis elle alla à l’endroit où se trouve les tombes des catholiques, sur une haute montagne, pour l’inhumation. Elle était même en tête du cortège funèbre. Après les obsèques, elle constata que la maison d’André avait été totalement détruite et que le terrain avait été déblayé.

«Oh, mon Dieu!» Une vieille dame qui vivait en face de la maison de la Petite Âme, vint se lamenter auprès d’elle en lui disant: «Si vous ne vouliez pas de cette maison, vous auriez mieux fait de la donner à l’Église.» La Petite Âme répliqua: «Non, c’est bien ainsi, ils vivent correctement. J’ai offert le prix de la maison au Seigneur, “Semchigo”, faisant comme si j’en avais déjà obtenu le prix pour que de nombreuses âmes soient sauvées, un nombre d’âmes égal à celui correspondant au prix de la maison.» – «Rien ne peut vous arrêter!»

La Petite Âme disait fréquemment: «Ne soyez pas avare en recher- chant à posséder plus que l’argent nécessaire correspondant à votre condition sociale et vous permettant de payer les études des enfants et leurs vêtements.»
 
Sa vie était la même qu’auparavant. La Petite Âme avait gagné beaucoup d’argent depuis qu’elle était revenue de la mort à la vie au cours de l’été 1980, et jusqu’au moment où elle avait arrêté son travail au salon de coiffure. Alors, elle se mit à mener une vie de charité inconditionnelle pour son prochain.


Chapelle de Notre Dame de Naju    12, Najucheon 2-gil, Ville de Naju, Jeonnam, 58258, Corée du Sud | 

Montagne de Notre Dame de Naju   Singwang-ro 425, Dasi-myeon, Ville de Naju, Jeonnam, Corée du Sud 

TÉL  +82 61-334-5003 | FAX  +82 61-332-3372 | E-mail  najumaryfr@gmail.com

 COPYRIGHT ⓒ  "Marie, l'Arche du Salut" Tous droits réservés

Chapelle de Notre Dame de Naju   

12, Najucheon 2-gil, Ville de Naju, 

Jeonnam, 58258, Corée du Sud 
 

Montagne de Notre Dame de Naju   
Singwang-ro 425, Dasi-myeon,
 Ville de Naju, Jeonnam, Corée du Sud 

TÉL  +82 61-334-5003 | FAX  +82 61-332-3372  
E-mail  najumaryfr@gmail.com| 

 COPYRIGHT ⓒ  "Marie, l'Arche du Salut"
 Tous droits réservés